Le Grand Evry versus le Grand Val d’Orge

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UN CAS D’ECOLE DE DENIS DE DEMOCRATIE

Sous nos yeux, en un peu plus d’un an, nous avons été aux premières loges pour suivre le déroulé complet d’une imposture démocratique.

Première étape, premiers dénis de démocratie

Cela commence avec une suite de lois iniques, complexes, volontairement illisibles, votées par le parlement dans le cadre de la réforme de la territorialité. Selon l’esprit de notre constitution, ce sujet essentiel aurait dû nécessiter l’approbation du peuple, le peuple n’a même pas eu droit au moindre débat.

Ainsi la loi Maptam de janvier 2014 permet notamment d’imposer une restructuration des agglos. Faut-il le préciser ? Sans consultation des citoyens, sans vote, juste le bon vouloir de l’état et d’élus soumis et complices. Cette loi est à mettre en regard d’une suite d’autres lois toutes écrites sur le même principe d’opacité et qui constituent un puzzle dont la cohérence est presque impossible à saisir mais qui existe bien pourtant. En effet, il est cohérent, d’un coté, de dépecer par le haut – la nation – le territoire en régions et en mégapoles sur le modèle allemand et selon les préceptes de la doxa européiste qui a besoin de morceler pour mieux contrôler et prévenir toute sortie éventuelle de la France de l’UE et de l’autre coté, par la base, de continuer la spoliation pas à pas des prérogatives des élus de proximité par le développement d’agglomérations de communes plus étendues géographiquement et dans les pouvoirs se développent via les désormais célèbres « transferts de compétences » qui transforment les élus des communes en agents d’enregistrement, en fonctionnaires obéissants et sans pouvoirs.

Oui, toutes ces lois dont le grand public n’entend jamais parlé si ce n’est sous l’angle asséné en permanence par les médias dominants de la nécessité de faire des « réformes attendues et inévitables ». Mais qui attends ces réformes? qui les demandent? qui les décident? Les perroquets médiatiques caquètent en boucle sur toutes les ondes ces postulats sur lesquels il ne cherchent même pas à s’interroger.

Deuxième étape, deuxième déni de démocratie

Le deuxième temps fort a été la réponse de l’agglo du Val d’Orge, sous l’influence de M. Olivier Léonhardt, à un premier jet du projet dit du « Grand Evry ». L’agglo a décidé avec une soudaineté très inhabituelle de mettre les moyens qu’il fallait dans une campagne de propagande incroyable (banderole à chaque rond-point, carrefour, gares, etc. prospectus en couleur et sur papier glacé dans toutes nos boites aux lettres, sites internet, présence à tous les évènements de type ‘fête des associations’, etc.). Au passage, le coût de cette campagne n’a toujours pas été publié. Mais le vrai scandale est que, dans son argumentaire, le conseil du val d’Orge reprochait au préfet de se rendre coupable de déni de démocratie dans sa méthode. C’était vrai mais la méthode de la CAVO était du même tonneau car elle a permis d’imposer un mode de contestation unique, elle a permis d’imposer une seule manière d’appréhender la riposte, au final, le conseil a pris la main sur tous les mécontentements, il les a gardé bien serrés sous son contrôle, n’a toléré aucune dissonance. Relisez nos comptes rendus sur les réunions publiques bidons qui n’ont été organisées que pour valider des motions ou des déclarations rédigées à l’avance par le conseil. Une farce. Une manipulation totale, aucune réelle concertation, aucune ouverture. Même les voix qui, dans l’auditoire, se permettaient d’évoquer la possibilité qui nous est finalement imposée, c’est-à-dire la fusion avec l’Arpajonnais, ces voix étaient sèchement tues par M. Léonhardt. Le temps n’était pas venu, il ne fallait pas gâché la surprise, il ne fallait pas dévoiler l’objectif réel de toute cette mascarade.

Troisième étape, troisième déni de démocratie

Dernier temps fort, dernier étage de la fusée : la victoire ! Ou comment imposer une fusion dont personne n’aurait voulu si on lui avait proposé d’emblée sans les 2 étapes préliminaires.

Nous avons gagné! Mais si, puisqu’on vous le dit, puisqu’on vous le placarde partout. C’est grâce à nous, à notre mobilisation extraordinaire! Mais on se fout de qui ? quelle mobilisation? où avez-vous vu une quelconque mobilisation? avez-vu ne serait-ce qu’une manifestation un tant soit peu représentative? un tant soit peu spontanée de la part des « val d’Orgiens »? Seulement le service ultra-minimum : une pétition en ligne dont, au vu du contexte propagandiste, on pourrait douter des chiffres avancés s’ils n’étaient pas aussi minables.

Oui, nous avons gagné! Nous avons gagné un Grand Val d’Orge que nous n’avons pas demandé, dont nous n’avions pas envie, sur lequel personne ne nous a jamais interrogé. Un conseil où la commune de Villiers-sur-Orge sera proportionnellement encore moins représentée qu’elle ne l’est aujourd’hui à la CAVO (1 conseiller sur 40!). Un conseil qui, n’en doutons pas, va pouvoir hériter de nouveaux pouvoirs issus des ‘transferts de compétence’ arrachés en douceur, l’air de rien, sans vagues et sans aucune opposition aux quelques prérogatives qui subsistent encore des conseils municipaux que nous avons élus.

Mais comment refuser une victoire? comment la remettre en cause? On ne se rebelle pas contre sa propre victoire. Nous devons être heureux de ne prendre que 5 coups de bâton alors que le préfet nous en avait prédit 15! C’est une technique vieille comme le monde. Comme nous avons eu l’occasion de l’exprimer déjà à plusieurs reprises, en fait, nous avons été bel et bien roulés dans la farine :

A aucun moment, il n’a été envisagé d’intégrer les citoyens dans le processus de décision,
ni dans celui de la contestation.
C’est une démarche volontaire, organisée, planifiée
et absolument anti-démocratique.

La combinaison Préfet + élus censitaires (Val d’Orge) a fonctionné comme prévu. M. Léonhardt va pouvoir régner sur un territoire élargi. La réforme avance. Inexorablement. Sans débat. De déni de démocratie, déni de démocratie.

Combien de temps encore allons-nous laisser ce système continuer de nous ignorer et de nous humilier ainsi?

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