REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES : L’ARBRE QUI CACHE LA FORET

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Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 14 novembre 2013.

Le sujet des rythmes scolaires est un vieux serpent de mer. Les communes sont sommées par le gouvernement de mettre en place la énième réforme avant la fin décembre. Une réforme qui cache ses réels objectifs derrière de beaux discours. Un vieux débat:

1922 : les vacances d’été sont allongées. Elles durent 8 semaines pour permettre la participation des enfants aux travaux agricoles.

1939 : les vacances d’été sont à nouveau allongées. Elles durent désormais 2,5 mois. Un calendrier scolaire est fixé avec les vacances intermédiaires de Noël et de Pâques.

1959 : l’année scolaire est aménagée en 3 trimestres (soit 37 semaines de scolarité). 1968 : deux zones géographiques sont créées pour les vacances scolaires.

1969 : en primaire, l’horaire hebdomadaire passe de 30 à 27 heures (fermeture des écoles le samedi après-midi). 1972 : trois zones géographiques sont créées pour les vacances scolaires, sauf les vacances d’été. La coupure hebdomadaire est avancée du jeudi au mercredi.

1980  : un calendrier en zones pour les vacances d’été est essayé.

1986  : le principe de l’alternance sept semaines de classe/deux semaines de vacances est appliqué durant un an. 1989  : la loi d’orientation sur l’éducation (Lionel Jospin) fixe pour objectif le rééquilibrage de la journée, de la semaine et de l’année. 1990 : en primaire, la durée hebdomadaire de la scolarité passe de 27 à 26 heures.

2008  : en primaire, l’école le samedi matin est supprimée et l’horaire hebdomadaire est abaissé de 26 à 24 heures (+ 2 heures d’aide personnalisée pour une partie des élèves).

Cette succession de réformes interroge. Sans compter qu’une réforme a chassé l’autre sans qu’un bilan réel soit fait de la réforme précédente. Celle qui se met en place actuellement ne déroge pas à la règle. Tout au plus quelques pédagogues l’ont-ils fait de leur côté, pour constater d’ailleurs que les conséquences sur les « résultats attendus » des élèves ont été marginales [2]

Qui s’en étonnera ? Agir uniquement sur la durée du temps de classe sans agir sur le rythme de vie des enfants – pris dans son ensemble – a t-il un sens ? Parler du rythme de vie des enfants sans parler du rythme de vie de leurs parents paraît pour le moins absurde. A l’évidence, si le rythme et la qualité de vie des parents leur permet d’être suffisamment disponibles pour leurs enfants, la disponibilité des enfants pour apprendre sera bien plus palpable que n’importe quels bricolages apportés au découpage de la semaine de classe.

Une évidence : l’école n’est pas en dehors de la société

Mais parler de la qualité de vie des parents, c’est immanquablement parler d’un certain nombre d’autres choses qui la conditionnent, notamment de leur condition sociale et de leurs conditions de travail. Car comment ne pas penser que le chômage massif et les régressions sociales qui découlent de l’organisation libérale de l’économie impactent dramatiquement la vie d’un nombre grandissant de personnes, notamment leur vie de famille ?

On comprend bien qu’un gouvernement qui voudrait réellement modifier la qualité de vie des enfants – dans et en dehors du périmètre scolaire – devrait remettre en cause les règles de l’économie en vigueur.

Un débat qui vise à en cacher d’autres, bien plus importants.

Les objectifs de cette réforme ne sont donc pas ceux qui sont annoncés sous la vague caution scientifique des « rythmes biologiques de l’enfant ». Par conséquent ils sont à chercher ailleurs. Pour le M’PEP, cette réforme a deux objectifs :

  • la poursuite de la mise en œuvre du libéralisme telle qu’elle se fait de manière ininterrompue depuis trente ans ;
  • produire un rideau de fumée sur les conséquences pour l’école de cette politique.

Une réforme conforme au libéralisme en vigueur. Au niveau de l’école primaire, les enseignants sont jusqu’à présent encore rémunérés par l’État, mais les locaux, les équipements pédagogiques et les installations sportives, sont à la charge des communes, et ce depuis l’origine. Par conséquent, il existe d’importantes inégalités entre les communes en terme de qualité d’accueil des enfants. Inégalités qui ne sont que très peu atténuées par l’État.

La réforme Peillon – qui diminue le temps de classe quotidien des enfants – va encore accentuer ces inégalités. Car à moins que les familles aient la possibilité de récupérer leurs enfants, ce sont bien les structures municipales périscolaires qui devront les prendre en charge sur le temps ainsi « libéré ». Des moyens budgétaires ont été dégagés au niveau national pour aider les collectivités, mais ils sont loin d’être compensatoires, et surtout, ils ne sont pas pérennes [3]. Les collectivités devront donc faire face à l’essentiel des dépenses.

Conclusion : cette réforme ne changera rien au temps effectif de présence des enfants en collectivité (à moins d’une diminution conséquente du temps de travail de leurs parents) et fera dépendre encore davantage leurs conditions d’accueil aux moyens très inégaux des communes.

Cette logique est donc conforme à la doctrine à laquelle monsieur Peillon adhère ainsi que son parti, le PS : la doctrine libérale de « la saine concurrence ». En accentuant la nécessité pour les territoires de trouver des moyens pour financer les compétences toujours plus nombreuses que l’État leur délègue, cette politique accentue leur mise en concurrence pour attirer des entreprises et/ou une population ayant les moyens de payer des impôts élevés et/ou de payer un accès à des services de qualité.

Après trente ans de libéralisme, nous pouvons aisément prévoir les conséquences de cette logique puisque nous la vivons déjà dans une moindre mesure : les territoires les plus riches sont ceux qui ont déjà les moyens de financer des infrastructures pour se rendre encore plus attractifs. Il résultera donc de la mesure Peillon une ségrégation sociale accrue sur le territoire. En ce sens, on peut dire que cette réforme s’inscrit dans la logique de l’acte III de la décentralisation, ardemment défendue par le gouvernement PS-EELV.

Vers une modification du rôle de l’école.

Les enfants qui fréquentent les structures périscolaires se voient proposer un certain nombre d’activités, essentiellement sportives et artistiques. Avec l’allongement du temps de fréquentation qu’induit pour les enfants la réforme Peillon, l’importance de ces activités se trouvera grandie, tant en terme de volume horaire que par le nombre d’enfants qui les pratiqueront.

Mais l’institution scolaire ayant particulièrement maltraité ces disciplines dans les derniers programmes et dans la formation des enseignants du premier degré, est-il totalement improbable qu’il s’opère peu-à-peu un glissement de ces disciplines, considérées comme « non-fondamentales », vers le temps périscolaire ? Non, car en réalité il restera peu à faire, surtout si des personnels hors-Éducation Nationale pratiquent des activités qui sont, dans l’esprit de monsieur et madame tout-le-monde, les mêmes qu’à l’école.

Quelle mission resterait t-il à l’école s’il s’opérait un tel glissement ? Probablement les disciplines « utiles » – ou plutôt réduites à un rôle utilitaire – pour répondre aux besoins des entreprises, comme c’est déjà le cas dans l’enseignement supérieur sur le modèle anglo-saxon. Monsieur Peillon ne se cache d’ailleurs pas de vouloir atteindre cet objectif puisqu’il déclare : « L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes (…) pour répondre rapidement aux besoins de l’économie de ses entreprises ? » [4]. Si l’école élémentaire doit s’en tenir aux « fondamentaux » désignés par cette logique mercantile, deux questions se posent alors immédiatement : quels citoyens se condamne t-elle à former ? Quelle couche de la population se verra (encore plus) défavorisée dans l’accès à la culture ?

…et une mise en concurrence des statuts des personnels.

Dans ce contexte de crise économique et de dérégulation, les personnels diplômés d’État et les fonctionnaires territoriaux ont du souci à se faire. Car la plupart des communes n’ont pas les moyens de recruter en nombre suffisant des éducateurs diplômés pour prendre en charge la nouvelle masse d’enfants susceptibles de fréquenter les structures périscolaires qu’induit la réforme. Elles recruteront donc des personnels moins qualifiés, sur la base de contrats plus précaires qui se formeront « sur le tas » et auxquels seront confiées des missions équivalentes à celles des personnels qualifiés.

On sait où mène ce type de dérive. Dans le milieu hospitalier par exemple, l’endettement des hôpitaux conduit ces derniers à recruter des personnels sous-qualifiés pour effectuer des tâches qui devraient normalement incomber à d’autres. Ainsi, le personnel d’entretien est amené à effectuer des tâches qui relèvent des aides-soignantes, les aides-soignantes celles des infirmières et les infirmières, certaines tâches des médecins.

Diplômes, qualifications, statuts : tout passe à la moulinette…

Danger pour les services publics territoriaux. Si les communes ne trouvent pas les ressources financières nécessaires pour proposer aux enfants des activités de qualité, il s’ouvrira alors un boulevard pour les activités périscolaires privées. Or, le droit européen, qui supplante le droit national en terme de commerce des services, impose aux collectivités territoriales une « égalité de traitement » entre les services publics locaux et les entreprises privées qui officient sur la même activité. Par conséquent, les collectivités pourraient avoir à indemniser financièrement ou matériellement des prestataires privés (écoles de sport, de musique, de cours particuliers en tout genre) au motif que les services publics sont subventionnés.

Non seulement cette disposition coûtera cher aux collectivités, mais elle sera fatale à leurs services publics. Chacun sait en effet que les services publics n’ont pas les mêmes obligations que les entreprises privées (continuité de service, accueil de tous les publics etc.)

Ne plus laisser les libéraux réformer l’école.

Les réformes qu’on impose à l’école se font au gré des mutations de la société. Que l’école soit réformée pour s’adapter à ces mutations est compréhensible. Mais la question qui devrait faire débat est de savoir à quelle société elle doit s’adapter ! Les réformes importantes ne devraient pas tant s’intéresser aux rythmes scolaires qu’à faire apprendre la coopération et l’autonomie de l’individu et de sa pensée. Mais de telles réformes se feront-elles dans une société qui véhicule prioritairement l’individualisme, la compétition, la rentabilité, l’employabilité… ?

Peut-on espérer de Monsieur Peillon, social-libéral, candidat à l’assemblée de l’ultra libérale Union européenne qu’il les fera ?

Utilisant le prétexte des « rythmes scolaires », le gouvernement PS-EELV poursuit la « dénationalisation » de l’éducation nationale engagée de longue date . Une fois de plus, le pouvoir « socialiste » marche dans les pas des gouvernements précédents. A moyen terme, cette réforme s’avérera coûteuse pour les communes tout en creusant encore un peu plus les inégalités. Le M’PEP appelle les maires à faire acte de résistance en refusant de mettre en place le nouveau dispositif et en portant les vrais termes du débat auprès de la population.

Notes

[1] Extrait du site « Sciences Humaines » : http://www.scienceshumaines.com/les-rythmes-scolaires_fr_26965.html

[2] Aucune différence notable n’a été relevée entre la semaine de 4 jours et celle de 5 jours entre le CE2 et la sixième. Nicole Devolvé et Benoît Jeunier, «  Effets de la durée du week-end sur l’état cognitif de l’élève en classe au cours du lundi  », Revue française de pédagogie, n° 126, janvier 1999, Nicole Devolvé et W. Davila, «  Effets de la semaine de classe de quatre jours sur l’élève. Les rythmes scolaires en Europe  », Enfance, n° 5, 1994.

[3] http://www.education.gouv.fr : « Le fonds mis en place par le gouvernement présente un caractère exceptionnel puisqu’il est destiné à amorcer la mise en oeuvre de la réforme des rythmes scolaires en aidant les communes à redéployer et enrichir les activités existantes et à en proposer des nouvelles. »

[4] « Comme si l’école était une entreprise », C. Laval, L. Weber, Manière de Voir n°131, septembre-octobre 2013.

[5] Voir à ce sujet le très intéressant travail de la Fédération nationale de la libre-pensée : http://www.fnlp.fr/IMG/pdf/Rythmes_scolaires_et_refondation_de_l_Ecole-2.pdf

REFORME SUR LES RYTHMES SCOLAIRES

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REFORME SUR LES RYTHMES SCOLAIRES A VILLIERS SUR ORGE
RENTREE 2014 : CATASTROPHE  ANNONCEE !

De nombreuses communes font remonter leur gros mécontentement sur la réforme des rythmes scolaires : fatigue des enfants, horaires disparates ,activités parfois burlesques, encadrements déficients, problèmes financiers, responsabilités floues  dans les périodes de transition entre les enseignants et le personnel communal, manque de locaux ,paiement ou pas des activités, harmonisation des démarches et objectifs …..
Mais attention, tout le monde ne râle pas pour les mêmes raisons !
Si vous croyez encore qu’il est indispensable d’avoir  une  grande école publique de qualité, pour la réussite de tous les enfants sans exception, il faut réagir et ne plus laisser quelques uns décider à votre place ! Il faut que le débat s’élargisse à ceux qui ont réellement des choses à dire et des solutions à proposer, qui ne soient pas dictés par leur confort personnel !!!
Sinon, Villiers sur Orge court à la catastrophe ; force est de constater que certaines décisions prises bien trop vite n’arrangent  déjà  pas les choses.

PREMIERES ERREURS D’UN ECHEC ANNONCE :

  •  Les rythmes scolaires doivent s’appuyer  sur un projet éducatif territorial  à mettre en place avec tous les partenaires s’occupant d’enfants sur la Commune . Pour l’ancien projet  éducatif( PEL) , qui n’était qu’un catalogue d’activités, il n’y a pas eu, en 6 ans, une seule réunion du Comité de pilotage pour en évaluer les résultats ! C’est pourtant essentiel dans l’aménagement des rythmes de l’enfant. En sera-t-il de même pour le projet éducatif territorial à venir ?
  •  Le choix du mercredi matin travaillé ( pour lequel, le maire adjoint au scolaire a voté) est une 1ère erreur. D’ailleurs, lui-même, nous dit que çà pose des problèmes pour les sorties du centre de loisirs et la cantine.
  • Le samedi matin, bien au contraire, ne présentait que des avantages pour les enfants :

– Le centre de loisirs pouvait continuer les sorties à la journée le mercredi ; pas de surcharge du centre non plus et pas de problème de récupération  des enfants (maison  ou centre ?)
– Enfants plus réceptifs le samedi, rencontres avec les parents plus faciles, participation des enfants aux manifestations sportives ou culturelles de la Commune, encadrement d’ateliers avec les parents, pas de problème de cantine ou de récupération des enfants 
– Les abords des écoles, le samedi, étaient devenus un lieu d’échanges où les parents aimaient s’attarder ! Pour ceux qui ont la garde alternée du week- end, c’était l’occasion de rencontrer l’enseignant de leur  enfant.

  • Transformer l’école maternelle en groupe de 8 classes est une aberration : c’est un potentiel d’environ 250 petits enfants qui vont se retrouver dans des locaux exigus qui se révèleront rapidement pas très fonctionnels au niveau des toilettes, de la restauration, des salles disponibles surtout par mauvais temps…Le cadre de vie est pourtant un paramètre essentiel dans les rythmes de l’enfant.
  • L’école A.Malraux n’a pas été mieux lotie puisque la cour (un bel espace boisé qui en faisait l’une des plus belles cours du département) est en train d’être saccagée pour y installer la cantine et un beau parking ! Là aussi, le cadre de vie en a pris un sacré coup !

Le choix de la restauration sans cuisinier n’est pas non plus une décision qui respecte les rythmes de l’enfant.

LES VRAIES SOLUTIONS QUI RELEVENT DE l’ETAT ET QUE NOUS RECLAMONS :

  • Baisse des effectifs dans les classes.
  • Remise en place des Réseaux d’Aides Spécialisés pour les Enfants en Difficulté
  • Une formation initiale et continue de qualité pour les enseignants (actuellement en voie de disparition !). 
  • Du temps disponible pour le travail d’équipe et les rencontres avec les parents.
  • Des programmes scolaires clairs, partagés par tous, réalisables et stables.
  • Suppression des zones pour les petites vacances  afin d’obtenir une meilleure répartition sur l’année : alternance  de 6 semaines de travail et 2 semaines de congés.

 LES SOLUTIONS RELEVANT DE LA COMMUNE ET QUE NOUS PRECONISONS :

  • Demander le report de la réforme ; celle-ci va entrainer un surcoût financier et des désordres sur les écoles dont vont pâtir tous les enfants. Il sera alors bien difficile de revenir en arrière.
  • Réviser le plan d’occupation des sols pour envisager un 3ème groupe scolaire. Ce qui dégagerait des salles pour les écoles.
  • Elaborer enfin un véritable plan éducatif sur la Commune, qui soit suivi régulièrement par le Comité de pilotage .Ce dernier ne devra pas se limiter à quelques représentants ! Sur les écoles par exemple, il serait bon qu’il y ait plusieurs  enseignants intéressés qui y soient invités.
  • Créer plus d’espaces de vie dans les écoles est un objectif fondamental pour le bien être de nos enfants.
  • Améliorer  la manière dont est prise en charge l’hygiène : répartition et qualité des toilettes et sanitaires adaptés aux enfants.
  • Transformer la pause méridienne en temps calme où l’enfant, dans un cadre convivial puisse manger tranquillement et puisse ensuite se ressourcer sans tomber dans l’activité à outrance .Différents  lieux  où il puisse lire, regarder un documentaire, ne rien faire, faire un jeu collectif calme …En plaçant la sieste des petits, juste après le repas.
  •  Les activités péri scolaires ne doivent avoir lieu  qu’en fin de journée scolaire afin que tous les enfants puissent y avoir droit.

CONCLUSION :

 C’est une réforme nécessaire mais qui , de toute évidence, a été bâclée dès le début et cache sans doute d’autres objectifs très éloignés de l’intérêt de l’enfant !

 Tous les paramètres que nous évoquons ci-dessus auraient dû être discutés avant de la lancer. Une telle réforme risque de faire glisser  peu à peu les disciplines que l’on considère à tort comme non fondamentales ( culture, sports, arts…) dans les mains de personnels  moins qualifiés !

 L’objectif  premier qui est d’alléger les journées scolaires sera-t-il résolu en accumulant d’autres activités diverses, avec du personnel plus ou moins formé, dans des locaux inadaptés !! L’enfant se retrouve bien trop souvent plongé en  collectivité !

La coupure du mercredi  est très salutaire pour les enfants ; si on ne peut  pas hélas  revenir sur le samedi matin, alors il faut repartir sur un rythme plus régulier : 5 journées consécutives avec les mêmes horaires.

 CADRE DE VIE SPACIEUX ET AGREABLE
+ BAISSE DES EFFECTIFS
= ENFANTS PLUS REPOSES ET RECEPTIFS.

C’est tout simple mais c’est essentiel !

AUJOURD’HUI NOUS EXIGEONS LE REPORT DE CETTE REFORME 

NON

AU TRANSFERT DES CHARGES SUR LES COLLECTIVITES
SANS MOYENS FINANCIERS  A LA HAUTEUR

OUI

A UNE EDUCATION NATIONALE DE QUALITE QUI  PREPARE LE CITOYEN DE DEMAIN

L’ENERGIE SCOLAIRE, C’EST LE CŒUR DE NOTRE COMMUNE !

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Par Serge Lachin (ACPV)

Aujourd’hui, on nous parle beaucoup d’économies d’énergie ou de nouvelles sources d’énergie, mais il y en a une qui représente un énorme potentiel pour la Vie de la Commune, c’est celle des écoles !   Aussi, nous devons  créer les  conditions  optimales  pour que cette énergie  puisse s’exprimer  et entrainer une dynamique sur la Commune.

DES ENFANTS CREATIFS, CURIEUX, CRITIQUES, CONSTRUCTIFS :

Tout au long de sa scolarité, chaque enfant doit avoir eu les mêmes chances  d’accéder à la Culture et au Sport, dans toute sa diversité ! Nous devons tout faire pour que nos enfants ne soient pas formatés ou ne deviennent de simples exécutants. Dans toutes les actions qui seront mises en place en partenariat avec les écoles et le tissu associatif, nous devrons avoir comme objectif prioritaire : des enfants Créatifs, Curieux, Critiques, Constructifs qui soient totalement acteurs des projets culturels, sportifs ou autres…

Chaque enfant garde au fond de lui une multitude de ressources qu’il ignore et que nous ignorons ; charge à nous de faire en sorte qu’il les découvre en lui proposant le maximum de situations les plus diverses (Dans le cadre de sorties pédagogiques, d’animations sur la Commune ou de rencontres avec des professionnels).

LE CONSEIL MUNICIPAL DES ENFANTS : UNE VISION PLUS CITOYENNE

Malgré tout le dévouement des enfants qui ont été élus, on ne fait pas suffisamment confiance à ce Conseil ou on ne lui donne pas assez de liberté pour exercer  son vrai rôle. Les seuls retours  qu’en ont les enfants électeurs, ce sont des photos avec souvent des élus et souvent des photos des cérémonies ou des sorties auxquelles ils participent !!

Pourquoi ne pas partir du Conseil des enfants qui existe depuis des années sur l’école A.Malraux en lui octroyant des moyens supplémentaires pour qu’il puisse agir en dehors de l’école ?L’avantage, beaucoup plus civique, c’est que les délégués de classe élus, travaillent en commissions et peuvent rendre compte régulièrement de leurs projets auprès de leurs jeunes électeurs. Cette proximité permet d’obtenir une vision bien plus citoyenne et bien plus enrichissante et permet de profiter de l’expérience des enseignants.

UN FESTIVAL  CONSACRE ENTIEREMENT AU TALENT DE NOS ENFANTS

Nous devons redonner un nouveau souffle aux manifestations de la Commune. De nombreuses manifestations s’essoufflent  en effet ou deviennent trop commerciales. L’énergie scolaire peut apporter cette dynamique, cette vie qui manque cruellement à Villiers.

Il faut recréer comme autrefois des animations avec des ateliers où les enfants, avec ou sans préparation à l’école, puissent  participer activement. Nous devons casser certaines routines et nous tourner vers des idées nouvelles où le talent de nos enfants pourra s’exprimer au contact de professionnels.

Pour concrétiser ce formidable objectif, nous proposons un festival  annuel  où l’enfant pourra exercer sa curiosité et sa créativité dans des domaines divers : peinture, photo, dessin, film d’animation, théâtre, musique,poterie…. Avec l’aide des professionnels, des enseignants et des associations.

NE LAISSONS PLUS SACCAGER NOS ECOLES

Une très belle  aire de jeux avec mur d’escalade, escalier, tunnel, butte avait été imaginée par les enfants de maternelle ; celle-ci a été détruite et remplacée par une petite aire de jeux bien formatée !

La maternelle est  passée à 7 classes, puis 8 ; pourquoi pas bientôt 9 ? Sans qu’on tienne sérieusement compte des espaces de vie dont auront besoin un tel nombre de jeunes enfants ! A moins qu’on ne considère l’école maternelle comme une garderie, pour ne pas dire prison.

Nous devons veiller à ce que les enfants  aient suffisamment d’espaces de vie d’abord  pour raison d’hygiène et de sécurité, mais aussi pour se détendre, lire dans le calme  ou exercer ses talents artistiques et inventifs.Ca sera d’autant plus crucial avec la nouvelle réforme sur les rythmes scolaires

L’école A.Malraux n’a pas été épargnée non plus. Les enfants bénéficiaient jusqu’à maintenant d’un magnifique espace boisé pour leurs jeux : ils vont, après abattage de nombreux arbres, avoir un beau parking et une belle cour bien formatée. Dans les 2 écoles , on va aboutir à une forte concentration d’enfants dans une cour bien plus petite.Il serait tout à fait normal que le Conseil municipal des enfants puisse  s’exprimer sur le devenir de leur école : les enfants sont les premiers concernés !

LA PAUSE MERIDIENNE, UN MOMENT ESSENTIEL :

Sans espaces de vie suffisants, sans une équipe d’animation  bien formée, stable, responsable qui ait toute notre confiance et sans une restauration de qualité dans un cadre agréable, aucun projet sérieux ne peut voir le jour ! Cette pause méridienne est pourtant un moment essentiel  pour se ressourcer au milieu d’une longue journée.

Nous veillerons , en concertation avec le personnel  de cantine, les animateurs ,les enseignants et les enfants à ce que le temps de cantine redevienne un moment calme où les enfants peuvent s’occuper sans tomber dans l’activisme !

Nous devrons nécessairement trouver d’autres locaux pour aménager ce temps de détente

Nous  devrons être très exigeants  au niveau du prestataire de la restauration (Nous avons toujours regrette  l’ancienne restauration avec un cuisinier) et nous transformerons le réfectoire en espace de vie plus convivial pour que nos enfants ne mangent  pas dans le stress. Pour  agir en toute transparence, nous permettrons à quelques parents élus, de pouvoir venir observer sans forcément prévenir !

LE SPORT DEMARRE A L’ECOLE :

Toutes les animations sportives qui ont pris appui sur les écoles ont toujours rencontré un grand enthousiasme : la Foulée Villieraine, les triathlons scolaires, les samedis pour présenter les différentes sections sportives, la randonnée culturelle sur Villiers … Il  est dommage que certaines aient disparu ! N’abandonnons pas cette énergie scolaire  et rallumons la!

Nous proposerons au COV , qui représente un formidable potentiel sportif  , une journée  entièrement consacrée à cette énergie scolaire sous forme par exemple d’OLYMPIADES PAR EQUIPE  car le sport est avant tout une forme de « JE » Collectif. La  formule reste à définir, ainsi que le partenariat et le rôle précis de chacun.

Nous soutiendrons bien entendu les triathlons scolaires ainsi que le cross des écoles si celui-ci renait sous une autre forme.

Toutes les initiatives sportives en faveur des écoles ne peuvent qu’avoir des répercussions très positives sur les sections du COV .Aussi, nous les encouragerons et y apporterons des moyens humains, matériel, et financiers en fonction des ressources de la Commune.

DE GRANDS PROJETS ARTISTIQUES  POUR TOUS LES ENFANTS :

La comédie musicale Mr Joseph présentée par les cours moyens avec l’orchestre du Conservatoire, l’écriture d’un livre avec  un auteur de bande dessinée, les toiles  détournées de peintres ; ces quelques projets de l’école A.Malraux   parmi beaucoup d’autres auxquels il faut ajouter ceux de l’école maternelle comme le livre numérique ou le projet photo, sont très enrichissants et méritent d’être  mieux  soutenus et inscrits dans la durée  .Il est en effet essentiel que chaque enfant, à la fin de son cursus scolaire ait pu profiter des mêmes chances d’exercer et développer sa créativité.

Aussi, nous mènerons une politique claire, cohérente en accord avec les écoles, avec une vision à long terme et non au jour le jour !

Qui va payer ? Les limites des réformes Peillon

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Le tableau ci-après reprend les chiffres du projet de refondation Peillon. Les termes ont été légèrement modifiés pour une interprétation plus rapide. Le projet de loi peut être consulté dans son intégralité à l’adresse suivante

Création d’emplois sur 5 ans (prévisions)

Réforme de la formation initiale

27000

Dont Enseignants stagiaires Enseignants titulaires formateurs

26000 1000

Enseignants titulaires premier et second degrés

21000

Dont Premiers degré public et privé pour :

  • Scolarisation des enfants de moins de 3 ans
  • Renforcement de l’encadrement pédagogique dans les zones difficiles
  • Amélioration de l’équité territoriale inter académique

14000

3000 7000 4000

Dont Second degré (public et privé) pour :

  • Collèges en difficulté et lycées professionnels : lutte contre le décrochage
  • Amélioration de l’équité territoriale inter académique

7 000

4 000 3000

Accompagnement des élèves en situation de handicap, CPE, personnelsadministratifs, médico-sociaux, vie scolaire

6000

Total

54000

 

Au-delà de l’effet d’annonce et des retombées liées à la formation des professeurs des écoles, dont il sera possible de vérifier l’impact ultérieurement, il ressort, y compris du texte du projet de loi, que les écoles primaires et maternelles de Villiers-sur-Orge ne verront guère leur situation s’améliorer.

Des 14000 emplois créés, sur un mandat de 5 ans, si les promesses sont tenues, il faut déjà en défalquer 1200 destinés à faire face à l’accroissement prévu des effectifs scolaires (30 000 élèves à 25 par classe = 1200).

Par ailleurs il est prévu que:

  • Les moyens destinés à l’accueil des enfants de moins de 3 ans (600 postes par  an  sur le quinquennat = 3000) soient déployés en priorité, ce qui est logique, dans les zones d’éducation prioritaires ou dans les territoires ruraux isolés les moins bien pourvus, ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer.
  • Les titulaires des 7000 postes dits de l’objectif « plus de maîtres que de classes » (1400 par an) aillent dans les secteurs reconnus les plus fragiles.
  • Les 2800 postes restants (4000 moins les 1200 prévus pour pallier l’évolution démographique) serviront à des rééquilibrages territoriaux et à améliorer le remplacement dans les zones ayant le plus souffert (doux euphémisme) des suppressions d’emplois effectuées ces 5 dernières années.

Les enseignants qui partiront à la retraite durant la même période seront-ils tous remplacés

Il est à craindre que Villiers-sur-Orge, qui n’est pas une ZEP, en soit réduit à la portion congrue, le contribuable local condamné à faire les frais d’une réforme qui apparaît de plus en plus comme un transfert de charges sans compensations, qu’on peut évaluer à minima à l’équivalent de deux à trois emplois à temps plein sans oublier les aides supplémentaire à destination de la vie associative, contrainte elle aussi de s’adapter.

Dans des conditions  d’austérité aggravée, les parents seront rapidement sollicités par l’augmentation prévisible du coût des prestations servies par la commune, restauration scolaire, CLSH…

Bien fol est qui, a priori, pourrait se prévaloir du contraire à un an à peine des prochaines municipales à moins de sacrifier le patrimoine de la commune.Il est encore temps de donner un coup d’arrêt à cette réforme qui s’inscrit dans le cadre de l’école à deux vitesses que contestent les parents et des enseignants en nombres de plus en plus importants, nous également.

                                                                                                         mise à jour le 21-11-2013