Mesdames et Messieurs les Conseillers, démissionnez.


23 septembre 2018

Mesdames et Messieurs les Conseillers, démissionnez.

Sans surprise, Mme Le Maire n’a pas saisi l’opportunité du Conseil Municipal de jeudi (20 septembre) pour présenter sa démission. Au contraire, avec l’annonce du départ forcé de la DGS et, surtout, avec le déni toujours réaffirmé du conflit avec les agents, Mme Le Maire se recroqueville encore un peu plus sur elle-même, seule dans son donjon. Le pont-levi est levé pour le reste de la mandature, avec une légitimité évaporée avec son programme et son équipe.
Tout le monde sait maintenant à quoi s’en tenir. Il n’y a absolument plus aucune ambiguïté sur la manière dont vont se dérouler les 18 prochains mois, jusqu’aux élections : « Venez donc me chercher! » semble-t-elle dire à l’instar de notre monarque jupitérien.
La comparaison avec E. Macron s’arrête là car Mme Le Maire ne dispose pas de toutes les protections dont ce parrain bénéficie grâce à sa haute fonction, là-haut, tout là-haut.
Ici-bas, il suffit qu’un tiers des conseillers démissionnent pour que de nouvelles élections soient provoquées.
Faisons les comptes : il y a 10 conseillers d’opposition auxquels pourraient s’ajouter les conseillers de la majorité qui – c’est un secret de polichinelle – étaient déjà censés s’associer à la vague de démissions précédentes (M. Bibard, Mme Guillet, Mme Martinerie, tous adjoints au maire).
Alors qu’attendent-ils? Des manœuvres sont en cours, forcément mais ça hésite, ça tergiverse. Pourtant l’alternative est clairement définie : il y a, d’un coté, l’intérêt général des Villiérains et des agents, et de l’autre, les dissensions politiciennes surannées qui perdurent, anachroniques, entre les groupes. Le système des partis au niveau national est en totale perdition, les figures qui s’y accrochent encore errent dans les médias comme des fantômes, inquiets, à juste titre, pour leur avenir professionnel. Le débat politique est éteint. On célèbre religieusement à l’unisson le libéralisme libertaire.
Au niveau local, ce système a perdu toute crédibilité mais garde de l’influence grâce à l’entre-soi.
A Villiers quels sont les sujets clivants ? Si l’on excepte quelques rares échanges concernant la sécurité et les gens du voyage, pouvant encore parfois laisser transparaitre des ‘valeurs’ différentes, pour le reste, on aura bien du mal à citer un sujet local (budget, aménagement, école,…) susceptible de mettre à jour des incompatibilités fondamentales et de principe.
En fait, les oppositions potentielles sont des oppositions de personnes, d’egos. La question finalement peut être résumée ainsi : comment des personnes qui n’ont pas envie de travailler ensemble pour raisons personnelles peuvent dépasser leur méfiance pour, enfin, faire le boulot d’intérêt général ?
Les uns vont monter sur leurs ergots sur l’air du « nous n’avons pas de leçon à recevoir de qui que ce soit (à commencer par l’ACPV) » mais d’autres, conseillers déterminés, qualifiés, désintéressés (nous savons qu’il y en a dans les rangs du conseil actuel) pourraient constituer un « groupe d’unité locale » capable de reprendre immédiatement les choses en main.
Un tel groupe partirait d’emblée avec des atouts déterminants à commencer par le respect des agents, prêts à reconstruire une relation sur de nouvelles bases de gouvernance. Il y aurait là une élégance politique dans un groupe d’unité local, décidé à relever le défi, décidé à reléguer à leur juste place les querelles de clocher.

Par contre, si d’aventure, cette démission groupée ne se produisait pas (et vite), dans 1 an et demi au cours des prochaines élections municipales, il faudra beaucoup de naïveté aux Villiérains pour croire les sempiternelles déclarations d’intentions affirmant sans vergogne la priorité absolue donnée à l’intérêt général de la commune. La confiance ne pourra être au rendez-vous.
Ce sera alors le grand vide avec le risque qui va toujours avec : une récupération par ceux qui ne manqueront pas de profiter de la faiblesse de notre communauté pour s’imposer. Villiers sera devenue alors une proie facile.
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Pour finir, rappelons que nous avons souvent parlé de tous les dysfonctionnements de la démocratie locale. Nous voulions en faire un sujet premier. Nous n’avons pas été entendus (ni même seulement écoutés). Aujourd’hui, cette négligence pèse lourd dans le règlement de la crise aiguë que Villiers traverse. Les conseillers municipaux sont face à eux-mêmes, obligés de tout revoir, de tout reconsidérer pour se penser comme « élus de la république » avec toutes les responsabilités qui accompagnent ce noble statut.
Ils sont maintenant au pied du mur. Nous attendons avec impatience leur décision.
Philippe Moreau
ACPV
Alternative Citoyenne Pour Villiers